| Taxe carbone : usine à gaz |
|
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a finalement accepté la création de la taxe carbone, appelée aussi contribution climat énergie dès 2010. Une idée qui appartient à l'origine aux écologistes, plutôt classés à gauche, et qui avait été portée à l'oreille du président par Nicolas Hulot, vedette du petit écran privé et président de la fondation éponyme.
Concrètement, la tonne de CO2 émise sera taxée à hauteur de 17 €. Toutes les énergies fossiles sont concernées, c'est-à-dire le pétrole, le gaz, le charbon et le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Conséquence directe, le prix du litre de sans-plomb devrait grimper de 5 centimes, et celui du gazole de 5,5 centimes. La taxe carbone sera réévaluée à la hausse chaque année à compter de 2011.
De l'essence plus chère, mais toutefois compensée : chaque adulte vivant dans un « périmètre urbain » se verra allouer un « chèque vert » de 46 € annuels, vraisemblablement déduit des impôts sur le revenu. Quant à ceux qui vivent en milieu rural (les grands perdants de cette mesure), ils auront droit à une compensation de 61 € annuels. A noter enfin que chaque enfant à charge permettra d'obtenir un dégrèvement supplémentaire de 10 €. Par ailleurs, les personnes non-imposables et les transporteurs routiers b énéficieront en outre d'aides, qui restent encore à définir.
Vraie fausse invention
L'arrivée d'une nouvelle taxe n'a évidemment pas manqué de susciter réactions, indignations ou félicitations : « L'objectivité me pousse à dire que c'est un pas très important » a souligné Nicolas Hulot, bien que le prix initialement proposé de 32 € la tonne de CO2 émise n'ait pas été retenu ; « une vraie fausse invention pour se débarrasser d'un problème » a tonné pour sa part la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, déçue par le prix fixé.
Du côté des pétroliers enfin, Total a fait savoir que « les centimes que l'on a rajoutés hier vont se multiplier un petit peu » à l'avenir en raison des diverses taxes auxquelles sont soumis les pétroliers. Plutôt rationnelle, l'entreprise Esso abonde dans le sens de la taxe carbone, mais prévient aussi : « Le but, ce n'est pas que les pétroliers rognent sur leurs marges et que le consommateur paie moins cher » . Effectivement, ce sera l'inverse.
|
|
|
 |
|